samedi 28 février 2015

Mesón

« Sa mère s'était procurée un petit fût d'un excellent vin de Malaga, et riant à l'idée d'être grise, elle en buvait deux doigts, pas davantage. » Un cœur simple, Gustave Flaubert


Photo www.restomeson.com
Près de chez moi, vient d'ouvrir un restaurant comme je les aime : élégant mais décontracté, menu classique mais avec des touches d'une originale fantaisie, des produits de qualité, une belle carte des vins, une ambiance gaie mais pas trop bruyante ni tapageuse, une clientèle de bon goût, une déco urbaine mais chaleureuse, un service parfait mais pas guindé, des prix raisonnables. Il s'agit du restaurant d'inspiration espagnole, Mesón, dans le quartier Villeray, à Montréal.

En passant devant la devanture du restaurant il y a quelques semaines, j'avais été séduite par ces larges baies vitrées derrière lesquelles les convives semblaient goûter un moment délicieux. Sachant que ce restaurant était affilié, de part deux de ses propriétaires, au célèbre restaurant de tapas, Tapéo, à quelques coins de rues de là, j'imaginais qu'il s'agissait ici de tapas ibériques. N'ayant ni l'occasion, ni le convive pour m'accompagner, je laissais ma curiosité sur sa faim...

Puis l'occasion s'est enfin présentée et c'est avec joie que j'ai découvert ce restaurant. D'emblée, ce fût le coup de foudre. Moins grande que je l'imaginais, la salle est intelligemment organisée. L'espace joue avec la lumière, l'ambiance est cosy sans que l'on y étouffe. Une déco moderne, dans les tons de noir et de gris, est mise en valeur par un éclairage efficace et pourtant tamisé qui incite aux rapprochements. La cuisine, tâche de lumière vive dans cet ensemble plutôt sombre, est comme une étoile scintillante. Une valse de cuisiniers s'affairent aux fourneaux, sans stress, sans pagaille et le spectacle est fascinant de coordination et de bonne entente. Nous étions au bar, le restaurant étant déjà plein lorsque j'ai voulu réserver. 

Nous n'avions malheureusement pas très faim ce soir-là et nous avons donc opté pour un plat unique. Pourtant, deux entrées ont retenu mon attention : les sardines grillées sur purée de hummus et le gravlax de truite aux oignons verts et citron. J'ai même pensé commander deux entrées en guise de plat. Un autre plat, les cocas, sont de petites pizzas faites d'une pâte plus joufflue que la pâte à pizza traditionnelle, et garnies de manière originale (serrano, manchego et choux frisé; anchois, artichauts et olives, etc.). L'une d'elle était à l'encre de sèche. Parfait comme entrée à partager.

J'ai choisi un poulet aux amandes sur purée de pommes de terre et poivrons rouges grillés. À la manière d'un tajine, ce poulet, d'une tendreté exceptionnelle, avait dû cuire pendant de nombreuses heures à l'étouffée. Parfumé de cardamone, accompagné d'une sauce légère et croquante à base d'amandes et intensément accompagné d'un verre de Rioja, je me suis régalée. Mon convive a choisi une paëlla dont le goût fumé était très exotique, peut-être trop fumé à mon goût. Des moules, des calmars, des crevettes agrémentaient généreusement un riz de safran cuit à la perfection.

Si j'avais osé prendre un dessert ce soir-là, j'aurais choisi un flan au café et chocolat blanc. L'éclair au nougat me semblait très original, mais je n'aime pas la pâte à chou...

Nous sommes repartis enchantés de cette découverte d'autant plus séduisante qu'elle se situe à quelques pas de chez moi. Une adresse que je souhaite partager abondamment avec mes amis, une superbe alternative à ma cuisine désastreuse...

Pour une réservation : http://restomeson.com/

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