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| Entrefilet du journal Le petit parisien paru le 26 février 1942 (Source : wikipedia) |
Je connaissais cet écrivain par ses célèbres romans et ses biographies, dans lesquels se retrouvent le raffinement et l'élégance viennoise. Je pris donc un intérêt particulier à la lecture de cet ouvrage qui porte un regard instruit sur la première moitié du XXe siècle. C'est également l'occasion pour l'écrivain de décrire son parcours littéraire et expliquer sa conception de l'écriture.
| Baden Baden (juillet 2009) |
Les fondations solides de l'empire sont cependant secouées par les mouvements socialistes qui commencent à faire irruption en Autriche au début du siècle. La société autrichienne sort imperceptiblement de son long sommeil et le changement est en marche.
Stefan Zweig, devenu étudiant en philosophie à l'université de Vienne, publie son premier recueil de poèmes chez la maison d'édition la plus en vue à l'époque et collabore à des journaux prestigieux. Il a 20 ans, nous sommes en 1901. Il entame également sa vie de nomade, voyageant à travers l'Europe pour rencontrer d'autres écrivains et découvrir un monde différent de celui dans lequel il vit. Il fait ainsi la connaissance de Peter Hille à Berlin, Émile Verhaeren à Bruxelles (dont Stefan Zweig traduira les poèmes), Léon Bazalguette, Rainer Maria Rilke, Auguste Rodin, Paul Claudel, Jules Romain, Romain Rolland (qui restera un grand ami de Stefan Zweig) à Paris, W. B. Yeats à Londres. Il visite l'Italie, l'Espagne, la Hollande. Après ses études, il signe un contrat avec la maison d'édition allemande Insel-Verlag avec laquelle il travaillera pendant plus de trente ans. D'autres voyages outre-mers suivront, l'Inde, l'Amérique, l'Afrique, qui lui feront réaliser combien il reste attaché à la Vieille Europe.
| Oberammerr |
| Oberammerr |
À travers cet ouvrage, l'auteur insiste particulièrement sur sa neutralité politique, constante à travers les années malgré la partisanerie de nombreux confrères. Il exprime également son désir de voir une Europe unifiée mettre ses forces et ses talents dans la créativité artistique et scientifique. Il décrit avec lassitude ses vains efforts pour essayer d'enrayer les conflits. La fin de ce récit est pleine de l'amertume d'un homme qui ne demandait qu'à cueillir la beauté du monde pour en composer des bouquets littéraires. Impuissant devant tant de barbarie, l'écrivain raffiné n'a pu accepter la violence de ses contemporains. Son suicide, le 26 février 1942 au Brésil, semble la réponse la plus altière qu'il pouvait donner à des actes qui venaient contredire les hautes ambitions qu'il avait pour son époque.

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