« L’amour ne doit pas prier, dit-elle, mais il ne doit pas exiger non plus. L’amour doit être assez puissant pour devenir une certitude. Alors, au lieu d’être attiré, il attire. Sinclair, votre amour est attiré par moi. S’il m’attire un jour, je viendrai. Je ne veux pas faire de cadeaux, je veux être conquise. » Demian, Herman Hesse
| Remparts de Saint Malo (Photo Diane S. 2014) |
Publié en 1919 sous le pseudonyme d'Émil Sinclair, ce roman de Herman Hesse retrace la jeunesse de l'auteur et ses difficultés existentielles. J'ai relu ce livre au cours d'un récent séjour en France, parce qu'il se trouvait dans ma bibliothèque de jeune fille.
Dans sa quête existentielle, le jeune Sinclair traverse, à la manière du Bouddha, des moments de vie bariolés, alternant une discipline d'ascète, la débauche estudiantine, la dévotion à des figures idéalisées, des études ésotériques. Guidé sur son chemin par des amis-étoiles qui s'appellent Demian, Pistorius, Béatrice et Ève, le jeune homme part à la recherche de lui-même.
« Mon but n'était pas le plaisir, mais la pureté. »
Réveillée alors de l'ennui que suscitait ma lecture, je me suis mise à l'affût des fils d'Ariane dont l'auteur a tissé son histoire.
« La vraie mission de chaque homme :
parvenir à soi-même (…) et vivre sa destinée complètement. »
Cette mission, nous ne la choisissons pas. Il ne nous appartient pas non plus de la juger. Là où tant de monde se fourvoie en s'appropriant des images de l'extérieur comme étant leurs, Sinclair nous exhorte à rester fidèle à nous-mêmes, malgré nos différences et nos incertitudes. Et la peur ? Elle ne s'infiltrera que si nous sommes en désaccord avec nous-mêmes.
Cette mission, nous ne la choisissons pas. Il ne nous appartient pas non plus de la juger. Là où tant de monde se fourvoie en s'appropriant des images de l'extérieur comme étant leurs, Sinclair nous exhorte à rester fidèle à nous-mêmes, malgré nos différences et nos incertitudes. Et la peur ? Elle ne s'infiltrera que si nous sommes en désaccord avec nous-mêmes.
« Vous devez renoncer à ces désirs, ou les désirer vraiment. »
| Photo Diane S. 2014 |
Être entier, sans calculs, sans lucidité, peu importe nos doutes. Cette naïveté passionnée protège nos élans, en les éloignant de l'hésitation mesquine qui abîme.
J'étais bien loin de comprendre tous ces messages, lorsque j'ai lu ce livre pour la première fois. Pourtant, je me souviens d'y avoir puisé une force qui m'a permis de vaincre la peur de partir. Puis, j'ai oublié.
Et aujourd'hui, à une nouvelle croisée des chemins, me laissant grignoter par la peur, ce livre s'offre de nouveau à moi, comme un de ces messages cachés dans un biscuit chinois. Des messages anodins à qui nous trouvons pourtant toujours un sens, puisque tout est le reflet de ce qui est déjà en nous.
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