vendredi 9 janvier 2015

Ballades dans New York - Times Square et MidTown

« Sous les tonnelles, entre les feuilles rares et jaunes, on apercevait la blancheur des nappes, les taches noires des paletots, les jupes éclatantes des femmes. » Thérèse Raquin, Émile Zola


Times Square (Photo Diane S. 2014)
Ma promenade se poursuit dans les quartiers qui font la signature de New York. 

Times Square reste fidèle à mes souvenirs. Le coeur palpitant de New York, c'est ici. Cet endroit semble canaliser les énergies de la ville, attirant à lui le mouvement, la couleur et le bruit. Grandiose, fascinant, envoûtant, Times Square ne peut être décrit. Il faut le vivre, y respirer ses vibrations, se tremper dans ce tourbillon d'impressions. Il n'est pas question ici de beauté ou d'harmonie car il s'agit d'un tout autre registre. On est plutôt dans le spectaculaire, dans une ambiance électrisante qui nous déplace sur une autre longueur d'onde. On change de monde en venant à Times Square, quittant un univers où le temps et la modération sont de rigueur, pour entrer dans une dimension atemporelle, démesurée et sans repère. Times Square ne dort jamais et la lumière des néons ne permet plus de distinguer le jour de la nuit. Comme un soleil, ce quadrilatère rayonne de mille feux auxquels on vient se ressourcer.

5e Avenue (Photo Diane S. 2014)
Le quartier environnant représente mon rêve américain. Je pensais être davantage sous le charme de Greenwich Village, NoLiTa, SoHo, Chelsea, mais c'est pourtant dans MidTown que mon cœur sautille de joie. 

À l'approche des fêtes de fin d'année, un marché de Noël s'est installé dans le joli Bryant Park. Ce délicieux endroit est d'un romantisme digne des films de Gary Grant et Deborrah Kerr. Idéal pour une pause déjeuner, je me suis installée sur l'une des jolies tables de pique-nique qui entourent la patinoire, un bol de soupe fumante entre les mains. Des kiosques vendent des plats chauds à emporter.


Rockefeller Center (Photo Diane S. 2014)
MidTown, c'est aussi le quartier des affaires et mon goût pour les gratte-ciels est ici comblé. J'aime surtout l'heure du lunch, pendant laquelle les employés mangent à la va-vite dans les nombreux comptoirs de prêt-à-manger (pour reprendre l'expression d'une enseigne). Que le lunch soit acheté ou apporté de la maison, on s'installe à la bonne franquette dans des endroits prévus à cet effet, sans le tralala d'un restaurant. C'est à la recherche de cette liberté que je me suis installée à Montréal, il y a 18 ans maintenant. Et encore aujourd'hui, je reste émerveillée par cette absence de protocole dont la simplicité révèle l'essentiel.



MidTown (Photo Diane S. 2014)
J'avais oublié que Grand Central Terminal, une des trois gares de la ville, était si belle. La lumière tamisée, l'immense horloge qui veille sur le hall, la myriade de voyageurs qui traversent ces couloirs qu'on dirait de marbre, l'écho des pas qui réverbère sous la voûte étoilée et les balcons d'où l'on peut admirer ce continuel ballet, font de cet endroit un lieu magnifique.

Les vitrines des magasins chics de la 5e ou de Madison Avenue sont des œuvres d'art devant lesquelles les badauds émerveillés restent suspendus. Je croyais Paris l'unique souveraine en matière d'élégance, mais je me trompais. 
Central Park (Photo Diane S. 2014)
Loin du luxe tapageur auquel les américains de Los Angeles nous ont habitué, les devantures que j'ai vues ici sont décorées avec un goût subtil et poétique. Mais avec le temps, mon regard a peut-être changé... 

Ma promenade prend fin aux abords de Central Park. Le brouillard qui s'abat sur le parc recouvre son visage d'une fine voilette, rendant ainsi son regard vaporeux. 

C'est ici que se termine le récit de mon séjour à New York. Cette ville reste pour moi un mystérieux secret qu'aujourd'hui, je sais ne jamais percer. Sa diversité, son effervescence, son éclat, sa démesure en toutes choses, son rythme, sa puissance font d'Elle un pôle qui attire tout à lui, le bon, comme le moins bon. New York est pour moi l’œil du monde, fait pour voir et être vu, et à partir duquel il est possible de se forger un regard neuf, libéré de toutes les conventions. 

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