« Casamène est perché sur l'épaule ronde d'une petite montagne crépue de chênes bas, qu'octobre n'a pas encore mordus de sa flamme. »
La retraite sentimentale, Colette
| Chalet L'Alto - Saint Adolph d'Howard (Québec) |
Je suis tombée amoureuse… d’un petit chalet au toit pointu, au
charme fou.
La première fois que je l’ai rencontré, les arbres montraient
déjà leurs tiges osseuses. Il était emmitouflé dans sa forêt, un moelleux tapis
de feuilles jaunes à ses pieds, quelques conifères alentour. Et le silence…
C’est donc avec une grande joie que j’ai retrouvé ce
ravissant chalet il y a quelques jours à peine. Il avait, cette fois, les
couleurs du printemps et brillait comme une émeraude dans son écrin de verdure.
À l’intérieur, la délicatesse de chaque détail invite à la
détente, à l’abandon. Ce ne sont peut-être qu’un poêle à bois, une baignoire sur
pattes, une verrière – perchée dans les arbres – où j’ai adoré croquer mes
tartines du petit déjeuner, un lit à la couette si fraichement fleurie qu’on
pense dormir en plein champ… mais
pour moi qui viens de la ville, toutes ces petites choses ont une grande
importance. Et je ne peux oublier combien il est doux de recevoir la brise du
dehors, couchée dans son lit, la tête tournée vers l’immense baie qui donne sur
les arbres.
Je suis restée dans ce chalet une courte semaine. J’ai ainsi
pu profiter de mes livres, de la forêt et d’un petit lac d’eau fraîche. Les
sentiers de marche sentaient le miel et le champignon et offraient aux pieds ravis
du promeneur, vallons, montagnes, rochers, étangs.
La pleine saison n’étant
pas encore entamée, il n’y avait que très peu de monde. Pleinement intime avec
la nature, j’ai ressenti un calme que le vrombissement de la ville a toujours
éloigné de moi.
Et dans ce calme, remontant doucement à la surface de mon
âme, s’est décanté l’essentiel... il n’est pas nécessaire de chercher, tout est
déjà là.
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